Portrait de Rafael Torres



Rafael a rejoint l’équipe du LICA pour venir mettre ses talents en action sur les sujets d’Intelligence Artificielle, renforçant l’équipe technique mais pas que... Les sujets de réflexions qui l’animent depuis plusieurs années sont en forte résonance avec ceux du LICA, notamment dans la création d’une synergie entre intelligence collective et intelligence artificielle. Son enthousiasme et son énergie débordante viennent contaminer joyeusement toute l’équipe et il contribue au développement des offres de service du LICA !


Amélie - Rafael, tu as rejoint l’équipe du LICA depuis le mois de février 2021, peux-tu te présenter et nous raconter ton parcours ?

Rafael - Je suis ingénieur en traitement des signaux audio et image. J’ai étudié à l’Ecole Nationale Supérieure d’Électronique, Informatique et Réseaux de Bordeaux (ENSEIRB) attiré par les problématiques liées à l’audio. Je suis un très grand fan de son, d’audio, de musique, de tout ce qui touche à l’ouïe, d’un point de vue technique bien sûr, mais aussi d’un point de vue artistique (je suis musicien) ! J’ai fait mon stage de fin d’étude à l’University of California, Los Angeles (UCLA), dans le laboratoire de traitement de la parole et perception auditive (SPAPL). C’est là que j’ai appris le machine learning [1] et à utiliser l’Intelligence Artificielle (IA), pour traiter les sujets liés à la perception du son.

À mon retour en France, je n’ai cessé de travailler sur ces sujets et j’ai alors intégré une équipe de R&D à NXP Semiconductors, pour faire du traitement audio basé sur du machine learning. J’ai travaillé au développement de systèmes de reconnaissance sonore sur mobile tout en portant la casquette de Scrum Master [2].


Dans la continuité de mon expérience chez NXP, nous avons co-fondé avec six de mes collègues, une start-up pour travailler sur le même type de sujets - image, audio, 3D... - mais avec en plus, le sel de l’aventure entrepreneuriale. J’avais envie que nous puissions faire nos propres roadmaps et choisir nos sujets.


En parallèle, pour nourrir ma fibre créative, j’ai co-fondé un studio de musique qui s’appelle Colorswap. Ma passion d’enfant a pu ainsi se matérialiser dans deux aspects de ma vie pro, ingénierie d’une part et de l’autre, dans ce studio au travers duquel je peux composer et réaliser des musiques, notamment pour des jeux vidéos.


Cette première phase de ma vie professionnelle m’a énormément apporté en technique et en méthodologie. Mais au fil du temps, le sentiment que l’IA dépassait le cadre technologique et la vision d’ingénieur avec laquelle j’ai été formé a germé et n’a cessé de m’habiter. Je voulais m’intéresser à son influence sur notre société, comme par exemple : son rôle dans la vitalité de nos démocraties, la façon dont on consomme la culture, notre rapport à l’environnement et aux autres.

A - C’est à ce moment là que tu as rencontré le LICA ?

R - Oui, lors d’un after work à l’Eclectik à Marseille. Je suivais les activités du LICA depuis un moment et j’ai voulu les rencontrer. Je suis - très bien - tombé sur Charles Talbot, avec qui nous avons parlé d’IA avec ce regard qui dépasse les enjeux technologistes et qui le porte sur les enjeux sociétaux et environnementaux. Nous nous sommes retrouvés sur beaucoup de sujets et d’idées qui nous ont plus ! J’ai également croisé Audrey Vermeulen, avec qui nous avons parlé IA et éthique. Il ne m’en fallait pas plus pour être convaincu qu’il fallait que nous travaillions ensemble !

A - Je t’ai entendu dire « Sortons l’IA des labos ! », peux-tu nous expliquer ?

R - Actuellement, les IA sont principalement conçues par un même profil de personnes : des experts scientifiques. Ils conçoivent les IA selon leur point de vue et je pense qu’il y a urgence à ouvrir ce sujet à des personnes d’horizons culturels et professionnels aussi variés que possible, pour avoir un pluralisme de visions et des IA plus représentatives. C’est également l’un des enjeux du LICA, via l’intelligence collective, qui aide à créer des visions collectives à partir des différentes individualités.

Au LICA nous mixons intelligences collective et artificielle pour réussir à mettre plein d’idées différentes au service d’un design. Ce sont ces enjeux qui me passionnent et qui je pense font grand besoin à notre société. C’est pour ces raisons que dès les premières discussions que nous avons eues quand je suis arrivé au LICA, nous avons décidé de proposer une formation sur les enjeux de l’intelligence artificielle et son design éthique. Ce type de formation permettra de répondre à la problématique plus globale : co-construire une société souhaitable avec une boite à outils simple. Que l’on soit un citoyen, une collectivité, une entreprise, le but de la formation est de donner des clés pour comprendre et utiliser l’IA de façon éclairée.

Au LICA nous utilisons les technologies numériques dans un contexte sociétal. L’enjeux de faire une IA éthique, réfléchie et souhaitable est énorme, c’est pour cela qu’il faut la sortir des laboratoires et que tout le monde s’en saisisse.

A - Aujourd’hui tu interviens dans plusieurs champs de compétences du LICA, peux-tu nous en donner le contour ?

R - Sur le papier, je suis chef de projet en IA au LICA. Cela veut dire que je m’occupe des différents projets que porte le LICA sur ce sujet :

  • la formation, je co-construis une formation sur les enjeux de L’IA et son design éthique

  • je fais de l’accompagnement de projets et de programme de R&D en IA, c.a.d. j’aide les structures à réaliser des projet en IA

  • je participe aux efforts de R&D, je co-développe des solutions d’IA et participe à la gestion de projets

  • je participe à la structuration de la stratégie R&D

Je participe également au fonctionnement du LICA et notamment à la structuration de l’offre de services et à son développement.

Enfin, je prend part à la gouvernance, qui nourrit chez moi un besoin d’être entrepreneur, de participer et de comprendre la structure dans laquelle je travaille. Le LICA est en gouvernance partagée, ce qui est nouveau pour moi, très enrichissant et complémentaire avec les aspects plus conventionnels de la gestion de projets technologiques.

[1] Machine learning : L'apprentissage automatique (en anglais : machine learning, litt. « apprentissage machine »), apprentissage artificiel1 ou apprentissage statistique est un champ d'étude de l'intelligence artificielle qui se fonde sur des approches mathématiques et statistiques pour donner aux ordinateurs la capacité d'« apprendre » à partir de données, c'est-à-dire d'améliorer leurs performances à résoudre des tâches sans être explicitement programmés pour chacune. Plus largement, il concerne la conception, l'analyse, l'optimisation, le développement et l'implémentation de telles méthodes. Définition par Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Apprentissage_automatique

[2] Scrum master : pour en savoir plus (ressource en anglais) : https://www.scrum.org/resources/what-is-a-scrum-master