L'IA au service du développement humain ?

On entend beaucoup parler d’IA dans les médias et ailleurs, sur des sujets liés au développement durable, à la santé ou encore à la mobilité, cette technologie pourrait-elle ouvrir de nouvelles perspectives de développement humain ?


L’intelligence artificielle (IA), comme domaine scientifique, permet d’approcher avec un nouvel œil des défis jusqu’ici difficilement traités, voir même inabordés. Prévenir des catastrophes naturelles en utilisant l’imagerie satellite n’était pas envisageable il y a encore quelques années. Aujourd’hui l’efficacité avec laquelle l’IA révèle l’information clé cachée dans un jeu de données rend possible ces nouveaux cas d’usage ambitieux. C’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin ; sauf que l’IA, elle, y arrive !

À partir de là il est légitime de se demander quelles sont les perspectives de développement que nous pouvons en attendre. Nombreux sont les nouveaux territoires que l’IA explore et les sommets qu’elle dépasse. Les petits drapeaux IA se multiplient, dans quelle direction cette dynamique s’inscrit elle ?

L’organisation des nations unies (ONU) a fixé 17 objectifs de développement durable (ODD) déclinés en 169 sous-objectifs pour répondre aux défis mondiaux que nous affrontons actuellement [1]. On peut lire dans Nature Communications (voir [2]) que l’IA affecte tous les objectifs définis par l’ONU, 134 sous-objectifs de façon potentiellement positive et 59 de façon potentiellement négative. Il existerait donc une IA au service du développement durable, à condition de l’exiger.

Des solutions d’IA ingénieuses existent et d’autres sont à inventer pour rendre nos sociétés plus justes, prospères et respectueuses de l’environnement. L’IA peut jouer un rôle essentiel dans l’observation et la préservation de la biodiversité, la prévention des catastrophes naturelles, la lutte contre le changement climatique ou le traitement des déchets (tel que RUBSEE un algorithme d’optimisation du recyclage [3] ). Mais cela n’a de sens que si par ailleurs la consommation énergétique des systèmes informatiques déployés est prise en compte et maitrisée. L’IA peut soutenir l’égalité des genres ou renforcer les stéréotypes sexistes. L’IA peut améliorer notre gestion des ressources (nourriture, énergie propre, eau potable) et aider à rendre plus résilientes nos sociétés (tel que Nuru une IA qui assiste et autonomise les agriculteurs dans le diagnostic de maladies et la prévention de nuisibles [4] ). Mais cela peut accentuer d’autres inégalités entre individus, et à une autre échelle entre pays, si ces outils et connaissances en IA ne sont pas partagées.

L’IA ouvre donc des perspectives de développement contradictoires selon les intérêts qu’elle sert. Pour s’assurer de poursuivre un objectif collectif de prospérité durable il semble essentiel de décentraliser et réguler ses contributions pour une plus grande représentativité. Deux défis se présentent donc à nous. D’une part concevoir une gouvernance au service d’une politique globale et locale, à l’image de celles proposées par l’union européenne [5] et la CNIL en France [6] ; d’autre part, acculturer le plus grand nombre au sujet de l’IA pour qu’il ne soit pas la réponse de quelques uns mais bel et bien la question de tous.

[1] https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/objectifs-de-developpement-durable/

[2] https://www.nature.com/articles/s41467-019-14108-y

[3] https://cordis.europa.eu/project/id/756841

[4] https://plantvillage.psu.edu/

[5] https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/library/proposal-regulation-laying-down-harmonised-rules-artificial-intelligence

[6] https://www.cnil.fr/fr/rgpd-par-ou-commencer


Le LICA aborde ces sujets d’IA et d’éthique ou comment mettre l’IA au service du plus grand nombre dans ses formations à destination des novices, des ingénieurs de développement et des décideurs IT. Intéréssé.e ? Contactez-nous !