Portrait de Bénédicte Lièvremont



Portrait réalisé par Jérôme Gonzalez, co-fondateur du LICA Jérôme — Bénédicte, tu as rejoint récemment le LICA. Nous avons la joie de revenir sur ton riche parcours, à la croisée des continents, des cultures managériales et des typologies de structures.

Bénédicte — Après avoir intégré les classes préparatoires, j’ai rejoint une école de commerce à Bordeaux. J’avais choisi l’option « Développement Durable » et mon envie d’en savoir plus m’a amenée à réaliser 2 expérience déterminantes pendant 1 année de césure :

- 6 mois au Maroc pour aider des producteurs (poire, pommes) à valoriser leur offre, - 6 mois à Paris à la Défense : changement de décor au niveau du service « développement durable » de Total pour accompagner les petites entreprises dans les zones où Total développe une activité.

Puis, toujours chez Total, je suis partie au Congo sur une mission de développement économique. Au bout de 2 ans à questionner le sens de cette mission et le niveau des budgets alloués, j’ai décidé de rejoindre une ONG, IECD (Institut Européen de Coopération et de Développement). Pour cette ONG, j’ai coordonné des projets d’appui à l’entrepreneuriat pour des petites entreprises (mécanicien / couturière), j’ai également ouvert 2 centres de formation à Pointe-Noire et Brazzaville avec le recrutement et le montage d’une équipe sur chaque centre. J — Et là, tu rentres en France ? B — Au bout de 2 ans et demi de cette expérience, je suis rentrée en France accueillir mon premier enfant et me lancer dans une nouvelle aventure : Supercafoutch ! Le Supercafoutch, c’est un supermarché coopératif qui est né à Marseille, sur lequel j’ai été bénévole pendant 1 an avant d’en devenir salariée. C’est là que j’ai commencé à rencontrer l’Université du Nous et à apprendre à comment mettre en place une gouvernance partagée. Pour remettre le contexte, au démarrage du Supercafoutch, je pilotais le projet avec une dizaine de personnes et nous collaborions avec une centaine de personnes… d’où l’enjeu de trouver de nouvelles méthodes de coopération. C’est à ce moment-là que je rencontre Cécile (co-fondatrice du LICA). Cette période a été source de beaucoup de lectures, formations, j’ai beaucoup phosphoré sur l’animation de collectifs. J’ai suivi une formation plus orientée sur l'éducation populaire, ce sont des outils très similaires à ceux de l’Université du Nous avec des approches différentes. J — Les liens avec le LICA commencent à se tisser… B — Oui, dès 2019, je commence à développer des missions avec le LICA, notamment pour l’Union Régionale des SCOPs. Je me questionne sur le modèle économique du Supercafoutch, voire même sur notre place et notre rôle face à l’épuisement des ressources dans un collectif où la dynamique globale est parfois en difficulté. Après des collaborations devenues de plus en plus fréquentes, je rejoins donc le LICA !! J — Quels sont tes domaines de prédilection ? B — Ce qui m’anime tout particulièrement, c’est l’animation de collectifs, les enjeux liés à la coopération. Quelle est la place du leadership dans ces collectifs ? Comment ne pas tomber dans l’autre extrême, ce qui serait une horizontalité fantasmée totale absolue à laquelle je ne crois pas et qui n’est certainement pas souhaitable ni naturelle. Il y a un vrai champ à explorer car il y a pas mal d’inconfort pour des personnes qui sont dans du pilotage, du leadership. J’aime beaucoup évoluer dans des environnements où je peux apporter de la planification, de la rigueur, proposer des cadres :-) J — Et si tu avais un rêve pour les prochaines années ? B — J’aimerais qu'au LICA on arrive à investir le champ de l’éducation nationale. Comment pourrait-on exploiter ces outils de la coopération, d’intelligence collective en milieu scolaire ? Je pense que des mécanismes comportementaux sont aujourd’hui instaurés à l’école et que la société au sens large gagnerait à les remettre en question. Le sujet du genre m’intéresse beaucoup également : élever un garçon dans le monde d’aujourd’hui me questionne, il y a bien sûr un lien fort avec les sujets de coopération. Comment apprend-on aux enfants à coopérer dès leur plus jeune âge ?

J — Qu’est ce qui t’a amenée à rejoindre l’équipe du LICA ? B — Clairement la rencontre avec Cécile et le lien d’amitié qui nous lie. Le côté incarné et authentique qui m’apparaît du LICA. On s’applique à nous-même, on expérimente et on y va tout en se questionnant en permanence. L’équipe, les personnalités, cette diversité dans les profils, c’est chouette ! L’ambiance hyper agréable avec du sérieux et du rire/déconne ! Il y a un côté : au LICA tout est possible ! J — Quel sont aujourd’hui ton rôle et tes missions au sein du LICA ? B — Trois grands sujets sur la mission sur laquelle je suis engagée :

• Coordination du parcours emploi du programme Réalise Tes Rêves en renfort de Pauline, • Coordination du pilotage du Cycle de Formation et du pôle Formation (préparation du contenu et animation de ce cycle), • Binôme gouvernance en rôle Socle.

J’ai démarré à fond avec des semaines bien denses, directement dans le concret !

Au-delà de mes rôles et missions, j’ai un enjeu fort à trouver le bon équilibre entre ma vie perso et pro. J’ai 2 enfants en bas âge avec lesquels je souhaite aussi passer du temps, le challenge est là, il peut me mettre en tension mais j’ai confiance !

Merci beaucoup Béné pour ce partage et encore une fois, bienvenue dans l’équipe !

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